© 2018 Eric Amblard

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Eric Amblard is a TV commercial director / director of photography, based in Paris

After graduating in 1983 from the Ecole Nationale Louis Lumière (Paris Cinema school), Eric started working in the advertising business as a camera assistant, and moved on to become director of photography. His first directing job for Yves Saint Laurent  in 1997 established him as a TV commercial director.

Since then, he has been working for the French and international markets, handling brands such as Astor, Dove, L’Oréal, Dior, Clarins, Esprit, Roc, Biotherm, Pond's, Neutrogena, Swarovski, and many others, mainly as director/director of photography.

 

Aside from direction, photography has always been his main interest. He had his first solo exhibition in September 2016, and has since stopped working in advertising in order to concentrate entirely on his photography.

Véracité de la photographie,

       (à propos de la série "Météorites")

 

...Quand il part en chasse de météorites, Eric Amblard (...) s’absorbe dans le paysage, en quête précisément de l’air, de ses jeux dans le vent et les souffles, de ses turbulences et remous, de l’atmosphère où les choses respirent. Il ne suffit pas de rencontrer la pierre dans sa flaque d’eau laissée par la mer, dans son scénario de miroir et reflets changeants, de la saisir dans la perfection de la lumière et de l’angle de vue pour que l’illusion prenne et que s’esquisse une architecture, une charpente de l’impalpable et de l’invisible. Il s’en remet à la nature, la « grande artiste », à son travail d’association et de synthèse, au moment favorable où l’impossible prend forme. La lumière a le temps de s’incorporer dans tous les éléments de la scène, dans les nuages et le ciel reflétés à la surface de l’eau, dans les couleurs mouillées de l’espace ambiant où se confondent le ciel et la terre, hauteur et profondeur. Le regard de l’artiste s’imprègne de ce flux sensible de couleurs et de lumières, de masses et de reliefs, de textures du sol, d’une harmonie aérienne et vaporeuse si prenante qu’elle gagne la pierre elle-même et le monde qui la porte. Elle semble alors flotter en apesanteur. La photographie capte cette virtualité de la pierre arrêtée, la suspension de sa chute, quand elle n’est plus soumise à la gravitation et que les lois physiques du monde sont aussi suspendues.

Le photographe fixe un instantané de cette réalité virtuelle, de ce qui n’est pas mais pourrait être, de ce qui n’existe qu’en puissance. Il en risque une image, à l’extrême limite des déterminations factuelles de l’ici et maintenant, comme il le ferait d’un visage dont on percevrait l’âme dans un instant inoubliable et ultra-rapide. La photographie a ce pouvoir de laisser subitement émerger des variations infinitésimales, des richesses intérieures et secrètes : ici une pierre en lévitation à la hauteur des yeux dans un monde qui a perdu toute échelle et toute mesure, toute perspective pour ne laisser transparaître que son essence aérienne et subtile, un monde de pure apparition, un lieu d’épiphanie pour une météorite dont la vitesse est tellement relative aux univers traversés qu’elle peut paraître arrêtée dans celui-ci,  infiniment proche et lointain...

Georges Quidet / HCE Galerie

Février 2018